Demander l’accroissement du savoir
رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا.
رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا
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Exalté soit Allah, le seul et véritable Souverain. Ne répète pas avec empressement le Coran qui t’est révélé avant que sa récitation ne soit achevée[30]. Et dis : « Veuille, Seigneur, accroître mon savoir ! »
La forme « zidnī » (زِدْنِي) est un impératif qui signifie : « accrois pour moi ». La seule chose dont Allah a ordonné à Son Prophète de Lui demander l’accroissement dans le Coran est le savoir religieux (ʿilm).
Tafsir du cheikh Abdurrahman as-Sa‘di
Après avoir mentionné le jugement rétributif d’Allah concernant Ses serviteurs et Son jugement religieux prescriptif, qu’Il a révélé dans Son Livre, et puisque cela relève des effets de Sa souveraineté, Il dit : « Exalté soit Allah ». Cela signifie : Il est élevé, glorifié et pur de tout défaut et de toute imperfection. « Le Souverain » : la souveraineté est l’un de Ses attributs, et toutes les créatures sont Ses serviteurs. Les décrets du Souverain, qu’ils soient relatifs à la destinée ou à la religion, s’appliquent à elles.
« Le Véritable » signifie que Son existence, Sa souveraineté et Sa perfection sont véritables. Les attributs de perfection ne peuvent véritablement appartenir qu’au Détenteur de la majesté. Il en va ainsi de la souveraineté : si une créature possède parfois un pouvoir sur certaines choses, celui-ci est limité, vain et appelé à disparaître. Quant au Seigneur, Sa souveraineté demeure sans jamais cesser ni disparaître ; Il est le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même et fait subsister toute chose, le Majestueux.
« Et ne te hâte pas de réciter le Coran avant que sa révélation ne t’ait été entièrement transmise » : ne te précipite pas pour répéter le Coran lorsque Gabriel te le récite ; attends qu’il ait terminé. Lorsqu’il aura fini, récite-le. Allah t’a garanti de le rassembler dans ta poitrine et de te le faire réciter, comme Il dit : « Ne remue pas ta langue pour le hâter. Il Nous appartient de le rassembler et de le faire réciter.
Lorsque Nous le réciterons, suis-en la récitation. Ensuite, il Nous appartiendra de l’expliquer » (Coran, 75:16-19).
Comme son empressement ﷺ à retenir la révélation et à la recevoir immédiatement témoignait de son amour profond pour le savoir et de son ardent désir de l’acquérir, Allah lui ordonna de Lui demander un accroissement du savoir. Le savoir est un bien, et l’abondance du bien est souhaitable ; elle vient d’Allah. Pour y parvenir, il faut fournir des efforts, éprouver le désir d’apprendre, invoquer Allah, solliciter Son aide et reconnaître son besoin de Lui en toute circonstance.
Ce noble verset enseigne également les convenances à observer dans l’acquisition du savoir. Celui qui écoute un enseignement doit prendre son temps et patienter jusqu’à ce que celui qui le dicte ou l’enseigne ait terminé son propos, dont les parties s’enchaînent. Lorsqu’il a fini, l’auditeur peut poser ses questions, s’il en a, mais il ne doit pas se précipiter pour interrompre celui qui transmet le savoir : cela peut le priver d’en profiter. De même, celui à qui l’on pose une question doit écouter attentivement la question et en comprendre le sens avant d’y répondre, car cela aide à donner une réponse juste.
Tafsir de l’imam Ibn Kathir
La parole d’Allah : « Et ne te hâte pas de réciter le Coran avant que sa révélation ne t’ait été entièrement transmise » est semblable à celle-ci, dans la sourate « Je jure par le Jour de la Résurrection » : « Ne remue pas ta langue pour le hâter. Il Nous appartient de le rassembler et de le faire réciter. Lorsque Nous le réciterons, suis-en la récitation. Ensuite, il Nous appartiendra de l’expliquer » (Coran, 75:16-19).
Il est établi dans les recueils authentiques, d’après Ibn ʿAbbās, que le Messager d’Allah ﷺ éprouvait une grande difficulté lors de la réception de la révélation et qu’il remuait la langue. Allah révéla alors ce verset. En effet, lorsque Gabriel venait à lui avec la révélation, le Prophète ﷺ répétait chaque verset en même temps que Gabriel, tant il tenait à mémoriser le Coran. Allah le guida vers ce qui était plus facile et moins pénible pour lui, afin de ne pas lui imposer de difficulté.
Il dit : « Ne remue pas ta langue pour le hâter. Il Nous appartient de le rassembler et de le faire réciter », c’est-à-dire : de le rassembler dans ta poitrine, puis de te le faire réciter aux gens sans que tu en oublies rien. « Lorsque Nous le réciterons, suis-en la récitation. Ensuite, il Nous appartiendra de l’expliquer. »
Dans le présent verset, Il dit : « Et ne te hâte pas de réciter le Coran avant que sa révélation ne t’ait été entièrement transmise » : écoute plutôt attentivement. Lorsque l’ange aura fini de te le réciter, récite-le à ton tour. « Et dis : Seigneur, accrois mon savoir », c’est-à-dire : accrois le savoir que Tu m’accordes. Ibn ʿUyayna, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Le Prophète ﷺ n’a cessé de voir son savoir s’accroître jusqu’à ce qu’Allah, Puissant et Majestueux, le rappelle à Lui.
» C’est pourquoi il est rapporté dans un hadith : « Allah a fait parvenir continuellement la révélation à Son Messager, si bien que la révélation fut la plus abondante le jour où le Messager d’Allah ﷺ mourut. »
Ibn Māja a dit : Abū Bakr ibn Abī Shayba nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Numayr, d’après Mūsā ibn ʿUbayda, d’après Muḥammad ibn Thābit, qu’Abū Hurayra, qu’Allah l’agrée, a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ disait : “Ô Allah, fais-moi tirer profit de ce que Tu m’as enseigné, enseigne-moi ce qui m’est utile, accrois mon savoir et louange à Allah en toute circonstance.” » At-Tirmidhī l’a également rapporté d’après Abū Kurayb, d’après ʿAbd Allāh ibn Numayr, avec la même chaîne de transmission. Il a dit : « Ce hadith est singulier selon cette chaîne.
» Al-Bazzār l’a rapporté d’après ʿAmr ibn ʿAlī al-Fallās, d’après Abū ʿĀṣim, d’après Mūsā ibn ʿUbayda, avec la même chaîne, en ajoutant à la fin : « Et je cherche refuge auprès d’Allah contre la condition des gens de l’Enfer. »
Tafsir d’al-Baghawi
« Exalté soit Allah, le Souverain véritable » : Allah est bien au-dessus de ce que disent les négateurs et de ce que Lui attribuent les polythéistes.
« Et ne te hâte pas de réciter le Coran » : il s’agit du Prophète ﷺ. Lorsque Gabriel descendait vers lui avec le Coran, il s’empressait de le réciter en même temps que lui, avant que Gabriel ait achevé la récitation qu’il devait lui transmettre, de crainte que le texte ne lui échappe ou qu’il ne l’oublie. Allah le lui interdit donc en disant : « Et ne te hâte pas de réciter le Coran », c’est-à-dire : ne te hâte pas dans sa récitation, « avant que sa révélation ne t’ait été entièrement transmise », c’est-à-dire avant que Gabriel ait terminé de te transmettre le message.
Cela correspond à la parole d’Allah : « Ne remue pas ta langue pour le hâter » (Coran, 75:16). Yaʿqūb a lu « naqḍī » avec un nūn portant une fatḥa, un ḍād portant une kasra et un yāʾ portant une fatḥa, et « waḥyahu » à l’accusatif. Mujāhid et Qatāda ont dit : le sens est : ne le récite pas à tes compagnons et ne le leur dicte pas avant que ses significations ne soient claires pour toi.
« Et dis : Seigneur, accrois mon savoir » : il s’agit du savoir du Coran et de ses significations. Selon une autre interprétation, cela signifie : accrois le savoir que Tu m’as déjà enseigné. Quand Ibn Masʿūd récitait ce verset, il disait : « Ô Allah, Seigneur, accrois mon savoir, ma foi et ma certitude. »
Dans le Sunan d’Ibn Māja (n° 925), il est rapporté d’après Umm Salama que le Prophète ﷺ disait toujours après la prière du matin : « Ô Allah, je Te demande un savoir utile, une subsistance bonne et une œuvre agréée ! »