Doua 60 La protection contre le mal 56 min de lecture

Protection contre les maux

Le croyant cherchant refuge auprès d’Allah 113:1–5 / 114:1–6
Texte arabe
1  Sourate 113 · Al-Falaq الفلق

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ، وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ، وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ، وَمِنْ شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ.

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ وَمِنْ شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ

2  Sourate 114 · An-Nas الناس

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ، مَلِكِ النَّاسِ، إِلَٰهِ النَّاسِ، مِنْ شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ، الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النَّاسِ، مِنَ الْجِنَّةِ، وَالنَّاسِ.

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ مَلِكِ النَّاسِ إِلَٰهِ النَّاسِ مِنْ شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النَّاسِ مِنَ الْجِنَّةِ وَالنَّاسِ

Le texte arabe est reproduit d’après le Coran avec ses signes diacritiques. الفلق · الناس 113:1–5 / 114:1–6
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Voix
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Voix
Translittération Bismi-Llāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm. Qul aʿūdhu bi-Rabbi l-falaq. Min sharri mā khalaq. Wa min sharri ghāsiqin idhā waqab. Wa min sharri n-naffāthāti fi l-ʿuqad. Wa min sharri ḥāsidin idhā ḥasad. Bismi-Llāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm. Qul aʿūdhu bi-Rabbi n-nās. Maliki n-nās. Ilāhi n-nās. Min sharri l-waswāsi l-khannās. Alladhī yuwaswisu fī ṣudūri n-nās. Mina l-jinnati wa n-nās.
Traduction du sens
Rachid MaachFR

Dis : « J’implore la protection du Seigneur de l’aube, contre le mal qui se trouve dans ce qu’Il a créé, contre le mal de la nuit qui étend son obscurité, contre le charme maléfique de tous les sorciers[1], contre l’envieux qui donne libre cours à sa méchanceté. » Dis : « J’implore la protection du Seigneur des hommes, Maître des hommes, Dieu des hommes, contre le mal du démon qui se dérobe[1] ou s’insinue chez l’homme[2], soufflant d’insidieuses pensées dans le cœur des hommes, qu’il soit du nombre des djinns ou du nombre des hommes. »

Sens et particularités

Forme : les deux dernières sourates du Muṣḥaf, appelées al-Muʿawwidhatayn (les deux sourates par lesquelles on implore la protection). Elles constituent le principal rempart du musulman contre le mauvais œil, la sorcellerie, l’envie et les suggestions des diables parmi les djinns et les hommes.

Exégèse et enseignements

Tafsir du cheikh Abdurrahman as-Sa‘di

« Et contre le mal de l’envieux lorsqu’il envie » : l’envieux est celui qui souhaite que la faveur disparaisse de celui qu’il envie et qui s’efforce de la faire disparaître par tous les moyens dont il dispose. Il est donc nécessaire de chercher refuge auprès d’Allah contre son mal et de déjouer sa ruse. Celui qui porte le mauvais œil est également compris parmi les envieux, car le mauvais œil ne provient que d’un envieux au caractère malfaisant et à l’âme pernicieuse. Cette sourate comprend ainsi la demande de protection contre toutes les sortes de maux, qu’elles soient générales ou particulières.

Elle indique que la sorcellerie est une réalité dont on doit craindre les effets nuisibles et contre laquelle on doit chercher refuge auprès d’Allah, ainsi que contre ceux qui la pratiquent.

C’est-à-dire : « Dis », en demandant protection : « Je cherche refuge », c’est-à-dire que je me réfugie, me mets à l’abri et me protège « auprès du Seigneur de l’aube », Celui qui fend la graine et le noyau et fait paraître l’aube.

Après avoir évoqué le mal de manière générale, le texte en mentionne certains aspects particuliers : « et contre le mal de la nuit lorsqu’elle s’étend », c’est-à-dire contre le mal qui survient durant la nuit, quand elle enveloppe les gens et que s’y répandent de nombreux esprits malfaisants et animaux nuisibles.

« Contre le mal de ce qu’Il a créé » : cela englobe tout ce qu’Allah a créé, parmi les hommes, les djinns et les animaux. On cherche donc protection auprès de leur Créateur contre le mal qui peut se trouver en eux.

« Et contre le mal des souffleuses sur les nœuds » : c’est-à-dire contre le mal des sorcières qui recourent, pour pratiquer leur sorcellerie, à des souffles sur les nœuds qu’elles nouent.

Cette sourate comprend la demande de protection auprès du Seigneur des hommes, de leur Souverain et de leur Dieu contre Satan, qui est à l’origine et à la source de tous les maux. Parmi ses tentations et ses méfaits, il y a le fait de souffler des suggestions dans le cœur des hommes : il embellit le mal à leurs yeux et le leur présente sous une apparence séduisante, stimule leur volonté de le commettre, déprécie le bien à leurs yeux et les en détourne, en le leur faisant apparaître sous une forme différente de la sienne.

Il ne cesse d’agir ainsi : il insuffle ses suggestions, puis se retire, c’est-à-dire recule lorsque le serviteur se souvient de son Seigneur et cherche Son aide pour repousser Satan.

Il convient donc au serviteur de chercher refuge et protection dans la seigneurie d’Allah sur l’ensemble des hommes. Toute la création est soumise à Sa seigneurie et à Sa souveraineté : Il tient par le toupet tout être vivant. Il faut aussi se réfugier auprès d’Allah en tant que Dieu, car Il a créé les hommes afin qu’ils L’adorent. Leur adoration ne peut s’accomplir pleinement qu’en repoussant le mal de leur ennemi, qui veut les en détourner et s’interposer entre eux et elle, et qui veut les enrôler dans son parti afin qu’ils deviennent les compagnons du Brasier.

Les suggestions peuvent provenir aussi bien des djinns que des hommes. C’est pourquoi Allah dit : « parmi les djinns et les hommes ».

Louange à Allah, Seigneur des mondes, au commencement et à la fin, au grand jour et dans le secret. Nous Lui demandons de parachever Ses bienfaits et de nous pardonner nos péchés, qui nous ont privés de nombreuses bénédictions, ainsi que nos fautes et nos passions, qui ont détourné nos cœurs de la méditation de Ses versets. Nous espérons et attendons de Lui qu’Il ne nous prive pas du bien qu’Il détient à cause du mal qui est en nous, car seuls les mécréants désespèrent de la bonté d’Allah et seuls les égarés perdent espoir en Sa miséricorde.

Qu’Allah accorde Ses bénédictions et la paix à Son Messager Muḥammad, à sa famille et à l’ensemble de ses Compagnons, d’une manière constante et ininterrompue, en tout temps. Louange à Allah, par la grâce de qui les bonnes œuvres s’accomplissent.

L’explication du Livre d’Allah s’achève, avec Son aide et la réussite qu’Il accorde, par la main de celui qui l’a rassemblée et écrite : ʿAbd ar-Raḥmān ibn Nāṣir ibn ʿAbd Allāh, connu sous le nom d’Ibn Saʿdī. Qu’Allah lui pardonne, ainsi qu’à ses parents et à tous les musulmans. Cela eut lieu au début du mois de Rabīʿ al-Awwal de l’an 1344 de l’Hégire de Muḥammad, qu’Allah prie sur lui et le salue. Louange à Allah, l’œuvre est achevée. N’oubliez pas de prier pour nous en notre absence.

Tafsir de l’imam Ibn Kathir

Exégèse des deux sourates protectrices (al-Muʿawwidhatayn), révélées à Médine.

L’imam Aḥmad rapporte : ʿAffān nous a rapporté, Ḥammād ibn Salama nous a rapporté, ʿĀṣim ibn Bahdala nous a informés, d’après Zirr ibn Ḥubaysh, qui dit : « Je demandai à Ubayy ibn Kaʿb : “Ibn Masʿūd n’écrit pas les deux sourates protectrices dans son muṣḥaf. Qu’en dis-tu ?” Il répondit : “J’atteste que le Messager d’Allah ﷺ m’a rapporté que Jibrīl, sur lui la paix, lui avait dit : ‘Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube.’ Il le dit.

Puis il lui dit : ‘Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes.’ Il le dit. Nous disons donc ce que le Prophète ﷺ a dit.” » Abū Bakr al-Ḥumaydī rapporte également ce récit dans son Musnad, d’après Sufyān ibn ʿUyayna, qui nous a rapporté, d’après ʿAbda ibn Abī Lubāba et ʿĀṣim ibn Bahdala, qu’ils avaient entendu Zirr ibn Ḥubaysh dire : « J’interrogeai Ubayy ibn Kaʿb au sujet des deux sourates protectrices et lui dis : “Abū al-Mundhir, ton frère Ibn Masʿūd les efface du muṣḥaf.”

Il répondit : “J’ai interrogé le Messager d’Allah ﷺ. Il m’a dit : ‘Il m’a été dit : Dis ! et j’ai dit.’ Nous disons donc comme le Messager d’Allah ﷺ a dit.” »

Aḥmad rapporte aussi : Wakīʿ nous a rapporté, Sufyān nous a rapporté, d’après ʿĀṣim, d’après Zirr, qui dit : « J’interrogeai Ibn Masʿūd au sujet des deux sourates protectrices. Il dit : “J’ai interrogé le Prophète ﷺ à leur sujet. Il a dit : ‘Il m’a été dit ; je vous ai transmis, alors dites-les.’” » Ubayy dit : « Le Prophète ﷺ nous les a enseignées ; nous les récitons donc. »

Al-Bukhārī rapporte : ʿAlī ibn ʿAbd Allāh nous a rapporté, Sufyān nous a rapporté, ʿAbda ibn Abī Lubāba nous a rapporté, d’après Zirr ibn Ḥubaysh — et ʿĀṣim nous a rapporté, d’après Zirr — qui dit : « J’interrogeai Ubayy ibn Kaʿb et lui dis : “Abū al-Mundhir, ton frère Ibn Masʿūd dit ceci et cela.” Il répondit : “J’ai interrogé le Prophète ﷺ. Il m’a dit : ‘Il m’a été dit : Dis !’ Nous disons donc comme le Messager d’Allah ﷺ a dit.”

» Al-Bukhārī et an-Nasāʾī le rapportent également par Qutayba, d’après Sufyān ibn ʿUyayna, d’après ʿAbda et ʿĀṣim ibn Abī an-Najūd, d’après Zirr ibn Ḥubaysh, d’après Ubayy ibn Kaʿb.

Al-Ḥāfiẓ Abū Yaʿlā rapporte : al-Azraq ibn ʿAlī nous a rapporté, Ḥassān ibn Ibrāhīm nous a rapporté, aṣ-Ṣalt ibn Bahram nous a rapporté, d’après Ibrāhīm, d’après ʿAlqama, qui dit : « ʿAbd Allāh effaçait les deux sourates protectrices du muṣḥaf et disait : “Le Messager d’Allah a seulement reçu l’ordre de chercher protection au moyen de ces deux sourates ; ʿAbd Allāh ne les récitait pas.”

» ʿAbd Allāh ibn Aḥmad rapporte cela d’après al-Aʿmash, d’après Abū Isḥāq, d’après ʿAbd ar-Raḥmān ibn Yazīd, qui dit : « ʿAbd Allāh effaçait les deux sourates protectrices de ses muṣḥafs et disait qu’elles ne faisaient pas partie du Livre d’Allah. » Al-Aʿmash ajouta : « ʿĀṣim nous a rapporté, d’après Zirr ibn Ḥubaysh, d’après Ubayy ibn Kaʿb, que nous avions interrogé le Messager d’Allah à leur sujet. Il avait dit : “Il m’a été dit : Dis !” »

De nombreux lecteurs du Coran et juristes rapportent qu’Ibn Masʿūd n’écrivait pas les deux sourates protectrices dans son muṣḥaf. Il se peut qu’il ne les ait pas entendues du Prophète ﷺ et qu’elles ne lui aient pas été transmises par une chaîne de transmission concordante. Il se peut aussi qu’il soit ensuite revenu sur son opinion pour rejoindre celle de la communauté : les Compagnons, qu’Allah les agrée, les ont inscrites dans les muṣḥafs de référence et les ont envoyés ainsi dans toutes les régions. Louange et gratitude à Allah.

Muslim rapporte dans son Ṣaḥīḥ : Qutayba nous a rapporté, Jarīr nous a rapporté, d’après Bayān, d’après Qays ibn Abī Ḥāzim, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Ne vois-tu pas ces versets qui ont été révélés cette nuit, dont aucun semblable n’avait jamais été révélé : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes” ? » Aḥmad, Muslim, at-Tirmidhī et an-Nasāʾī le rapportent aussi d’après Ismāʿīl ibn Abī Khālid, d’après Qays ibn Abī Ḥāzim, d’après ʿUqba. At-Tirmidhī le qualifie de bon et authentique.

Une autre chaîne : l’imam Aḥmad rapporte : al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté, Ibn Jābir nous a rapporté, d’après al-Qāsim Abū ʿAbd ar-Raḥmān, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : « Alors que je conduisais la monture du Messager d’Allah ﷺ dans l’un de ces passages, il me dit : “ʿUqba, ne monterais-tu pas ?” Je craignis que ce ne soit un acte de désobéissance. Le Messager d’Allah ﷺ descendit donc, et je montai un bref moment. Puis il remonta et dit : “Ô ʿUqayb, veux-tu que je t’enseigne deux sourates parmi les meilleures que les gens récitent ?”

Je répondis : “Oui, Messager d’Allah.” Il me fit réciter : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes”. Puis la prière fut appelée et le Messager d’Allah ﷺ prit la tête de la prière et récita ces deux sourates. Ensuite, il passa près de moi et dit : “Qu’en as-tu pensé, ʿUqayb ?

Récite-les chaque fois que tu te couches et chaque fois que tu te lèves.” » An-Nasāʾī le rapporte d’après al-Walīd ibn Muslim et ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, tous deux d’après Ibn Jābir. Abū Dāwūd et an-Nasāʾī le rapportent également d’après Ibn Wahb, d’après Muʿāwiya ibn Ṣāliḥ, d’après al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥārith, d’après al-Qāsim ibn ʿAbd ar-Raḥmān, d’après ʿUqba.

Une autre chaîne : Aḥmad rapporte : Abū ʿAbd ar-Raḥmān nous a rapporté, Saʿīd ibn Abī Ayyūb nous a rapporté, Yazīd ibn ʿAbd al-ʿAzīz ar-Ruʿaynī et Abū Marḥūm nous ont rapporté, d’après Yazīd ibn Muḥammad al-Qurashī, d’après ʿAlī ibn Rabāḥ, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : « Le Messager d’Allah ﷺ m’a ordonné de réciter les sourates protectrices à la suite de chaque prière. » Abū Dāwūd, at-Tirmidhī et an-Nasāʾī le rapportent par différentes chaînes, d’après ʿAlī ibn Abī Rabāḥ. At-Tirmidhī le qualifie d’étrange.

Une autre chaîne : Aḥmad rapporte : Yaḥyā ibn Isḥāq nous a rapporté, Ibn Lahīʿa nous a rapporté, d’après Mashraḥ ibn Hāʿān, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : le Messager d’Allah ﷺ m’a dit : « Récite les deux sourates protectrices, car tu ne réciteras rien de semblable. » Aḥmad est seul à le rapporter par cette chaîne.

Une autre chaîne : Aḥmad rapporte : Ḥaywa ibn Shurayḥ nous a rapporté, Baqiyya nous a rapporté, Buḥayr ibn Saʿd nous a rapporté, d’après Khālid ibn Maʿdān, d’après Jubayr ibn Nufayr, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : « On offrit au Messager d’Allah ﷺ une mule gris clair. Il la monta et ʿUqba la conduisit. Le Messager d’Allah ﷺ dit : “Récite : Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube.” Il me le répéta jusqu’à ce que je l’aie récitée.

Il remarqua que je n’en étais pas très réjoui et dit : “Peut-être l’as-tu prise à la légère ? Tu ne prieras jamais en récitant rien qui lui soit comparable.” » An-Nasāʾī le rapporte d’après ʿAmr ibn ʿUthmān, d’après Baqiyya. Il le rapporte également d’après ath-Thawrī, d’après Muʿāwiya ibn Ṣāliḥ, d’après ʿAbd ar-Raḥmān ibn Jubayr ibn Nufayr, d’après son père, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui interrogea le Messager d’Allah ﷺ sur les deux sourates protectrices et rapporta un récit semblable.

Une autre chaîne : an-Nasāʾī rapporte : Muḥammad ibn ʿAbd al-Aʿlā nous a rapporté, al-Muʿtamir nous a rapporté — j’ai entendu an-Nuʿmān — d’après Ziyād Abū al-Asad, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, selon qui le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Les gens n’ont jamais cherché protection au moyen de rien de semblable à ces deux sourates : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes”. »

Une autre chaîne : an-Nasāʾī rapporte : Qutayba nous a rapporté, al-Layth nous a rapporté, d’après Ibn ʿAjlān, d’après Saʿīd al-Maqburī, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : « Je marchais avec le Messager d’Allah ﷺ, lorsqu’il me dit : “Dis.” Je demandai : “Que dois-je dire ?” Il garda le silence. Puis il me dit : “Dis.”

Je demandai : “Que dois-je dire, Messager d’Allah ?” Il garda le silence. Je dis alors : “Ô Allah, fais qu’il me le répète.” Il me dit : “ʿUqba, dis.” Je demandai : “Que dois-je dire, Messager d’Allah ?” Il répondit : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube.”

Je la récitai jusqu’à la fin. Puis il dit : “Dis.” Je demandai : “Que dois-je dire, Messager d’Allah ?” Il répondit : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes.” Je la récitai jusqu’à la fin. Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : “Aucun solliciteur n’a jamais demandé au moyen de rien de comparable à ces deux sourates, et personne n’a jamais cherché refuge au moyen de rien de comparable à elles.” »

Une autre chaîne : an-Nasāʾī rapporte : Muḥammad ibn Yasār nous a rapporté, ʿAbd ar-Raḥmān nous a rapporté, Muʿāwiya nous a rapporté, d’après al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥārith, d’après Makḥūl, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, selon qui le Messager d’Allah ﷺ les récita dans la prière de l’aube.

Une autre chaîne : an-Nasāʾī rapporte : Qutayba nous a rapporté, al-Layth nous a rapporté, d’après Yazīd ibn Abī Ḥabīb, d’après Abū ʿImrān Aslam, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit : « Je suivis le Messager d’Allah ﷺ alors qu’il était monté. Je posai la main sur son pied et lui dis : “Fais-moi réciter la sourate Hūd ou la sourate Yūsuf.” Il répondit : “Tu ne réciteras rien de plus bénéfique auprès d’Allah que ‘Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube.’” »

Autre hadith : an-Nasāʾī rapporte : Maḥmūd ibn Khālid nous a rapporté, al-Walīd nous a rapporté, Abū ʿAmr al-Awzāʿī nous a rapporté, d’après Yaḥyā ibn Abī Kathīr, d’après Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith, d’après Abū ʿAbd Allāh, d’après Ibn ʿĀʾish al-Juhanī, selon qui le Prophète ﷺ lui dit : « Ibn ʿĀʾish, veux-tu que je te montre — ou que je t’informe — de ce que les personnes qui cherchent protection utilisent de meilleur ? » Il répondit : « Oui, Messager d’Allah. » Il dit : « “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes” : ces deux sourates.

» Ces différentes chaînes de transmission de ʿUqba sont comme concordantes et, selon nombre de spécialistes éminents du hadith, établissent la certitude.

Il a déjà été rapporté, dans le récit de Ṣudayy ibn ʿAjlān et de Farwa ibn Mujāhid, d’après ʿUqba : « Ne veux-tu pas que je t’enseigne trois sourates dont aucun semblable n’a été révélé dans la Torah, l’Évangile, les Psaumes ni le Discernement ? “Dis : Il est Allah, l’Unique”, “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes.” »

Autre hadith : l’imam Aḥmad rapporte : Ismāʿīl nous a rapporté, al-Jurayrī nous a rapporté, d’après Abū al-ʿAlāʾ, qui dit qu’un homme raconta : « Nous étions avec le Messager d’Allah ﷺ en voyage. Les gens se relayaient pour monter, et les montures étaient peu nombreuses. Vint le tour du Messager d’Allah ﷺ puis le mien. Il me rejoignit, me frappa sur l’épaule et dit : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube.”

Le Messager d’Allah ﷺ la récita et je la récitai avec lui. Puis il dit : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes.” Le Messager d’Allah ﷺ la récita et je la récitai avec lui. Il dit alors : “Quand tu pries, récite-les.”

» Il semble que cet homme soit ʿUqba ibn ʿĀmir, et Allah sait mieux. An-Nasāʾī le rapporte d’après Yaʿqūb ibn Ibrāhīm, d’après Ibn ʿUlayya.

Autre hadith : an-Nasāʾī rapporte : Muḥammad ibn al-Muthannā nous a rapporté, Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Saʿīd, qui m’a rapporté, d’après Yazīd ibn Rūmān, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, d’après ʿAbd Allāh al-Aslamī — c’est-à-dire Ibn Unays — que le Messager d’Allah ﷺ posa sa main sur ma poitrine et me dit : « Dis. » Je ne sus pas quoi dire. Il me dit de nouveau : « Dis. » Je répondis : « Dis : Il est Allah, l’Unique.

» Il me dit encore : « Dis. » Je récitai : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube contre le mal de ce qu’Il a créé », jusqu’à la fin de la sourate. Puis il me dit : « Dis. » Je récitai : « Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes », jusqu’à la fin.

Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « Voilà comment tu demandes protection. Ceux qui la demandent n’ont jamais utilisé rien de comparable à ces sourates. »

Autre hadith : an-Nasāʾī rapporte : ʿAmr ibn ʿAlī Abū Ḥafṣ nous a rapporté, Badal nous a rapporté, Shaddād ibn Saʿīd Abū Ṭalḥa nous a rapporté, Saʿīd al-Jurayrī nous a rapporté, d’après Abū Naḍra, d’après Jābir ibn ʿAbd Allāh, qui dit : le Messager d’Allah ﷺ me dit : « Récite, Jābir. » Je demandai : « Que réciterai-je, que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi ? » Il répondit : « Récite : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes”. » Je les récitai et il dit : « Récite-les, car tu ne réciteras rien de comparable. »

Il a déjà été rapporté, dans le hadith de ʿĀʾisha, que le Messager d’Allah ﷺ récitait ces sourates, soufflait dans ses paumes et s’en frottait la tête, le visage et les parties du corps qu’il pouvait atteindre. L’imam Mālik rapporte, d’après Ibn Shihāb, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀʾisha, que lorsque le Messager d’Allah ﷺ se sentait malade, il récitait sur lui-même les deux sourates protectrices et soufflait. Quand sa maladie s’aggrava, je les récitais sur lui et passais sa main sur son corps, espérant en obtenir la bénédiction.

Al-Bukhārī le rapporte d’après ʿAbd Allāh ibn Yūsuf, Muslim d’après Yaḥyā ibn Yaḥyā, Abū Dāwūd d’après al-Qaʿnabī, an-Nasāʾī d’après Qutayba — et par les voies d’Ibn al-Qāsim et de ʿĪsā ibn Yūnus — et Ibn Mājah d’après Maʿn et Bishr ibn ʿUmar : ces huit transmetteurs le rapportent tous de Mālik.

Il a aussi été rapporté, à la fin de la sourate Nūn, d’après Abū Saʿīd et par la voie d’Abū Naḍra, que le Messager d’Allah ﷺ cherchait protection contre le mauvais œil des djinns et celui des hommes. Lorsque les deux sourates protectrices furent révélées, il les adopta et délaissa les autres formules. At-Tirmidhī, an-Nasāʾī et Ibn Mājah le rapportent. At-Tirmidhī le qualifie de bon.

Ibn Abī Ḥātim rapporte : Aḥmad ibn ʿIṣām nous a rapporté, Abū Aḥmad az-Zubayrī nous a rapporté, Ḥasan ibn Ṣāliḥ nous a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAqīl, d’après Jābir, qui dit : « Al-falaq, c’est l’aube. » Al-ʿAwfī rapporte d’après Ibn ʿAbbās la même interprétation. Elle est aussi rapportée de Mujāhid, Saʿīd ibn Jubayr, ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAqīl, al-Ḥasan, Qatāda, Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī, Ibn Zayd et Mālik, d’après Zayd ibn Aslam. Al-Quraẓī, Ibn Zayd et Ibn Jarīr disent que cela correspond à la parole d’Allah : « Celui qui fait apparaître l’aube » (Coran 6:96).

ʿAlī ibn Abī Ṭalḥa rapporte d’après Ibn ʿAbbās : « Al-falaq désigne la création. » Aḍ-Ḍaḥḥāk a également dit : « Allah a ordonné à Son Prophète de chercher refuge contre toute la création. » Kaʿb al-Aḥbār a dit : « Al-falaq est une demeure en Enfer. Lorsqu’on l’ouvre, tous les habitants de l’Enfer poussent des cris à cause de sa chaleur intense.

» Ibn Abī Ḥātim le rapporte, puis dit : « Mon père nous a rapporté, Suhayl ibn ʿUthmān nous a rapporté, d’après un homme qu’il a nommé, d’après as-Suddī, d’après Zayd ibn ʿAlī, d’après ses ancêtres, qui dirent : “Al-falaq est un puits au fond de l’Enfer, couvert d’un couvercle. Lorsqu’on le découvre, un feu en jaillit et l’Enfer pousse des cris à cause de son extrême chaleur.” » Des récits semblables sont rapportés de ʿAmr ibn ʿAbasa, d’as-Suddī et d’autres.

Un hadith attribué au Prophète à ce sujet est rapporté, mais il est désavoué. Ibn Jarīr dit : Isḥāq ibn Wahb al-Wāsiṭī m’a rapporté, Masʿūd ibn Mūsā ibn Mishkān al-Wāsiṭī nous a rapporté, Naṣr ibn Khuzayma al-Khurāsānī nous a rapporté, d’après Shuʿayb ibn Ṣafwān, d’après Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète ﷺ, qui a dit : « Al-falaq est un puits couvert en Enfer. » Sa chaîne est singulière et son attribution au Prophète n’est pas authentique. Abū ʿAbd ar-Raḥmān al-Ḥublī a dit : « Al-falaq est un des noms de l’Enfer.

» Ibn Jarīr dit : « L’opinion juste est la première : il s’agit de l’aube. » C’est l’opinion correcte et celle qu’a retenue al-Bukhārī, qu’Allah lui fasse miséricorde.

« Et contre le mal de la nuit lorsqu’elle s’étend » : Mujāhid a dit que « la nuit lorsqu’elle s’étend » désigne le coucher du soleil. Al-Bukhārī rapporte cette interprétation de lui ; Ibn Abī Najīḥ la rapporte également de Mujāhid. Ibn ʿAbbās, Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī, aḍ-Ḍaḥḥāk, Khuṣayf, al-Ḥasan et Qatāda ont dit de même : il s’agit de la nuit lorsqu’elle arrive avec ses ténèbres. Az-Zuhrī a dit : « C’est le soleil lorsqu’il se couche.

» ʿAṭiyya et Qatāda ont dit : « Lorsque la nuit s’étend, c’est-à-dire lorsqu’elle s’en va. » Abū al-Muhazzim rapporte d’après Abū Hurayra : « Cela désigne une étoile. » Ibn Zayd a dit que les Arabes appelaient al-ghāsiq la disparition des Pléiades ; les maladies et les épidémies devenaient fréquentes à leur coucher et diminuaient à leur lever.

Ibn Jarīr dit que ceux qui soutiennent cette opinion s’appuient sur un récit que Naṣr ibn ʿAlī lui a rapporté : Bakkār ibn ʿAbd Allāh, le neveu de Hammām, nous a rapporté, Muḥammad ibn ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿUmar ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf nous a rapporté, d’après son père, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète ﷺ : « “Et contre le mal de la nuit lorsqu’elle s’étend” désigne l’étoile qui s’assombrit. » Je dis : ce hadith n’est pas authentiquement attribué au Prophète ﷺ.

Ibn Jarīr rapporte qu’une autre opinion veut qu’il s’agisse de la lune. Ceux qui la défendent s’appuient principalement sur ce qu’Aḥmad rapporte : Abū Dāwūd al-Ḥafārī nous a rapporté, d’après Ibn Abī Dhiʾb, d’après al-Ḥārith, d’après Abū Salama, selon qui ʿĀʾisha a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ me prit la main, me montra la lune lorsqu’elle se levait et dit : “Cherche refuge auprès d’Allah contre le mal de cette nuit qui s’étend.” » At-Tirmidhī et an-Nasāʾī le rapportent aussi dans leurs recueils d’exégèse, d’après Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Dhiʾb, d’après son oncle al-Ḥārith ibn ʿAbd ar-Raḥmān.

At-Tirmidhī le qualifie de bon et authentique. Sa version dit : « Cherche refuge auprès d’Allah contre le mal de ceci, car c’est la nuit qui s’étend. » Dans la version d’an-Nasāʾī : « Cherche refuge auprès d’Allah contre le mal de ceci : cette nuit qui s’étend. » Les tenants de la première interprétation — la nuit quand elle arrive — disent que cela ne contredit pas leur opinion : la lune est un signe de la nuit et n’exerce son influence que durant celle-ci.

De même, les étoiles ne brillent que la nuit ; cela revient donc à ce que nous avons dit. Allah sait mieux.

« Et contre le mal des souffleuses sur les nœuds » : Mujāhid, ʿIkrima, al-Ḥasan, Qatāda et aḍ-Ḍaḥḥāk ont dit qu’il s’agit des sorcières. Mujāhid a précisé : lorsqu’elles récitent leurs formules et soufflent sur les nœuds. Ibn Jarīr rapporte : Ibn ʿAbd al-Aʿlā nous a rapporté, Ibn Thawr nous a rapporté, d’après Maʿmar, d’après Ibn Ṭāwūs, d’après son père, qui disait : « Rien n’est plus proche de l’association à Allah que les incantations destinées aux serpents et aux personnes atteintes de folie. »

Dans un autre hadith, Jibrīl vint au Messager d’Allah ﷺ et lui demanda : « Ô Muḥammad, souffres-tu ? » Il répondit : « Oui. » Jibrīl dit : « Au nom d’Allah, je pratique sur toi l’exorcisme contre toute maladie qui te fait souffrir, contre le mal de tout envieux et de tout mauvais œil. Qu’Allah te guérisse.

» Il se peut que ce récit se rapporte à la maladie du Prophète ﷺ lorsqu’il fut victime d’un sortilège. Puis Allah le rétablit et le guérit, renvoya contre eux la ruse des sorciers juifs envieux, fit échouer leurs plans et les démasqua. Malgré cela, le Messager d’Allah ﷺ ne leur en fit jamais reproche : Allah lui suffit, le guérit et lui rendit la santé.

L’imam Aḥmad rapporte : Abū Muʿāwiya nous a rapporté, al-Aʿmash nous a rapporté, d’après Yazīd ibn Ḥayyān, d’après Zayd ibn Arqam, qui dit : « Un homme juif ensorcela le Prophète ﷺ, qui en souffrit pendant plusieurs jours. Jibrīl vint alors le trouver et lui dit : “Un homme juif t’a ensorcelé et a noué pour toi des nœuds dans tel puits. Envoie quelqu’un les récupérer.” Le Messager d’Allah ﷺ envoya quelqu’un les extraire.

On les lui rapporta et il les dénoua. Le Messager d’Allah ﷺ se leva alors comme s’il venait d’être libéré de ses entraves. Il ne mentionna jamais l’affaire au juif et ne lui adressa aucun reproche jusqu’à sa mort. » An-Nasāʾī le rapporte d’après Hannād, d’après Abū Muʿāwiya Muḥammad ibn Ḥāzim al-Ḍarīr.

Al-Bukhārī rapporte dans le chapitre de la médecine de son Ṣaḥīḥ : ʿAbd Allāh ibn Muḥammad nous a rapporté : j’ai entendu Sufyān ibn ʿUyayna dire que le premier à nous avoir transmis ce récit fut Ibn Jurayj, qui lui dit : « La famille de ʿUrwa m’a rapporté, d’après ʿUrwa. » J’interrogeai ensuite Hishām à ce sujet ; il nous le rapporta d’après son père, d’après ʿĀʾisha, qui dit : « Le Messager d’Allah ﷺ fut ensorcelé, au point de croire qu’il avait des relations avec ses épouses alors qu’il n’en avait pas. » Sufyān dit : « C’est l’effet le plus grave de la sorcellerie.

» Le Prophète ﷺ dit : « ʿĀʾisha, sais-tu qu’Allah m’a donné la réponse à ce que je Lui avais demandé ? Deux hommes vinrent à moi. L’un s’assit près de ma tête, l’autre près de mes pieds. Celui qui était près de ma tête demanda à l’autre : “De quoi souffre cet homme ?”

Il répondit : “Il a été ensorcelé.” “Qui l’a ensorcelé ?” “Labīd ibn al-Aʿṣam, un homme des Banū Zurayq, allié des Juifs et hypocrite.” “Au moyen de quoi ?” “D’un peigne et de cheveux.” “Où cela se trouve-t-il ?” “Dans l’enveloppe d’une spathe de palmier mâle, sous une pierre saillante, dans le puits de Dharwān.”

» ʿĀʾisha dit : « Il se rendit au puits et en retira l’objet. Il dit : “Voilà le puits qui m’a été montré. Son eau semblait être une infusion de henné et ses palmiers ressemblaient à des têtes de démons.” » Le récit poursuit : il le fit retirer.

Je demandai : « Ne devrais-tu donc pas le faire connaître et le défaire par un traitement ? » Il répondit : « Allah m’a guéri, et je déteste provoquer le mal contre qui que ce soit parmi les gens. »

Le récit est également transmis par ʿĪsā ibn Yūnus, Abū Ḍamra Anas ibn ʿIyāḍ, Abū Usāma et Yaḥyā al-Qaṭṭān. Dans leur version, ʿĀʾisha dit : « Il lui semblait qu’il avait fait quelque chose, alors qu’il ne l’avait pas fait. » On y trouve aussi : « Il ordonna que le puits soit comblé. » Il est également rapporté de Hishām par Ibn Abī az-Zinād et al-Layth ibn Saʿd.

Muslim le rapporte d’après Abū Usāma Ḥammād ibn Usāma et ʿAbd Allāh ibn Numayr. Aḥmad le rapporte d’après ʿAffān, d’après Wuhayb, d’après Hishām. Aḥmad rapporte également, d’après Ibrāhīm ibn Khālid, d’après Ribāḥ, d’après Maʿmar, d’après Hishām, d’après son père, d’après ʿĀʾisha, qui dit : « Le Messager d’Allah ﷺ demeura six mois à croire qu’il avait des relations avec ses épouses alors qu’il n’en avait pas. Deux anges vinrent à lui ; l’un s’assit près de sa tête, l’autre près de ses pieds.

L’un demanda à l’autre : “De quoi souffre-t-il ?” Il répondit : “Il a été ensorcelé.” “Qui l’a ensorcelé ?” “Labīd ibn al-Aʿṣam.” » Il mentionna ensuite la suite du récit.

L’exégète ath-Thaʿlabī rapporte dans son commentaire qu’Ibn ʿAbbās et ʿĀʾisha, qu’Allah les agrée, ont dit : « Un jeune garçon juif était au service du Messager d’Allah ﷺ. Des Juifs vinrent le trouver et insistèrent jusqu’à ce qu’il leur prenne quelques cheveux du Prophète ﷺ et plusieurs dents de son peigne. Il les leur remit, et ils l’ensorcelèrent au moyen de ces objets. Celui qui se chargea de l’opération était un homme parmi eux appelé Ibn al-Aʿṣam.

Il les dissimula dans un puits appartenant aux Banū Zurayq, appelé Dharwān. Le Messager d’Allah ﷺ tomba malade, ses cheveux se mirent à tomber et il demeura six mois à croire qu’il avait des relations avec ses épouses alors qu’il n’en avait pas. Il dépérissait sans savoir ce qui lui arrivait.

« Alors qu’il dormait, deux anges vinrent à lui. L’un s’assit près de sa tête, l’autre près de ses pieds. Celui qui était près de ses pieds demanda à celui qui était près de sa tête : “De quoi souffre cet homme ?” Il répondit : “Il a été ensorcelé.”

“Qu’est-ce qui l’a ensorcelé ?” “Un sortilège.” “Qui l’a ensorcelé ?” “Labīd ibn al-Aʿṣam, le Juif.” “Au moyen de quoi ?” “D’un peigne, de cheveux et de l’enveloppe d’une spathe de palmier mâle.” “Où cela se trouve-t-il ?”

“Dans l’enveloppe d’une spathe, sous une pierre saillante, dans le puits de Dharwān.” L’enveloppe est la gaine de la spathe ; la pierre saillante est une pierre qui dépasse au fond du puits et sur laquelle s’appuie celui qui puise.

« Le Messager d’Allah ﷺ se réveilla effrayé et dit : “ʿĀʾisha, savais-tu qu’Allah m’a informé de ce qui m’est arrivé ?” Il envoya ensuite ʿAlī, az-Zubayr et ʿAmmār ibn Yāsir. Ils vidèrent le puits, dont l’eau ressemblait à une infusion de henné. Ils soulevèrent la pierre et en sortirent l’enveloppe.

Elle contenait des cheveux du Prophète ﷺ et des dents de son peigne. On y trouvait également une corde nouée de douze nœuds, enfoncés par des aiguilles. Allah révéla alors les deux sourates. Chaque fois que le Prophète ﷺ en récitait un verset, un nœud se défaisait.

Il se sentit mieux lorsque le dernier nœud fut délié et se leva comme s’il venait d’être libéré de ses entraves. Jibrīl disait : “Au nom d’Allah, je pratique sur toi l’exorcisme contre tout ce qui te fait souffrir, contre l’envieux et le mauvais œil. Qu’Allah te guérisse.” Ils dirent : “Messager d’Allah, ne devrions-nous pas saisir ce malfaiteur et le tuer ?”

Il répondit : “Allah m’a guéri, et je déteste provoquer le mal contre les gens.” »

Ath-Thaʿlabī rapporte ce récit sans chaîne de transmission. Il comporte des éléments singuliers et certains détails très contestables, même si une partie est corroborée par les récits précédents. Allah sait mieux.

« Contre le mal de ce qu’Il a créé » signifie : contre le mal de toutes les créatures. Thābit al-Bunānī et al-Ḥasan al-Baṣrī ont dit : « L’Enfer, Iblīs et sa descendance font partie de ce qu’Il a créé. »

« Et contre le mal des souffleuses sur les nœuds » : Mujāhid, ʿIkrima, al-Ḥasan, Qatāda et aḍ-Ḍaḥḥāk ont dit qu’il s’agit des sorcières. Mujāhid précise : lorsqu’elles récitent leurs formules et soufflent sur les nœuds. Ibn Jarīr rapporte : Ibn ʿAbd al-Aʿlā nous a rapporté, Ibn Thawr nous a rapporté, d’après Maʿmar, d’après Ibn Ṭāwūs, d’après son père, qui disait : « Rien n’est plus proche de l’association à Allah que les incantations destinées aux serpents et aux personnes atteintes de folie. »

Dans un autre hadith, Jibrīl vint au Messager d’Allah ﷺ et lui demanda : « Ô Muḥammad, souffres-tu ? » Il répondit : « Oui. » Jibrīl dit : « Au nom d’Allah, je pratique sur toi l’exorcisme contre toute maladie qui te fait souffrir, contre le mal de tout envieux et de tout mauvais œil. Qu’Allah te guérisse.

» Il se peut que cela concerne la maladie du Prophète ﷺ lorsqu’il fut ensorcelé. Allah le rétablit et le guérit, et renvoya contre les sorciers juifs envieux leur propre ruse. Il fit échouer leurs plans et les démasqua. Le Messager d’Allah ﷺ ne leur en fit toutefois jamais reproche : Allah lui suffit, le guérit et lui rendit la santé.

Aḥmad rapporte d’après Zayd ibn Arqam que le Prophète ﷺ fut ensorcelé par un homme juif et en souffrit plusieurs jours. Jibrīl vint lui dire qu’un Juif l’avait ensorcelé en nouant des nœuds pour lui dans un puits. Le Messager d’Allah ﷺ envoya quelqu’un les extraire. On les lui rapporta et il les dénoua ; le Prophète ﷺ se leva alors comme s’il venait d’être libéré de ses entraves.

Il ne mentionna jamais l’affaire au Juif et ne lui adressa aucun reproche jusqu’à sa mort. An-Nasāʾī le rapporte également. Al-Bukhārī et Muslim rapportent aussi le récit de ʿĀʾisha relatif à ce sortilège et à la guérison du Prophète ﷺ.

Saʿīd ibn Jubayr rapporte d’Ibn ʿAbbās, au sujet de « celui qui insuffle des suggestions et se retire », qu’il s’agit de Satan, qui demeure accroupi sur le cœur du fils d’Adam. Lorsque celui-ci oublie et devient inattentif, Satan lui souffle des suggestions ; lorsqu’il se souvient d’Allah, Satan se retire. Mujāhid et Qatāda ont dit la même chose. Al-Muʿtamir ibn Sulaymān rapporte, d’après son père : « On m’a dit que Satan, ou celui qui insuffle des suggestions, en souffle dans le cœur du fils d’Adam lorsqu’il est triste ou joyeux ; lorsqu’il se souvient d’Allah, il se retire.

» Al-ʿAwfī rapporte d’Ibn ʿAbbās, au sujet de « celui qui insuffle des suggestions » : « C’est Satan, qui ordonne ; lorsqu’on lui obéit, il se retire. »

Ces trois attributs sont ceux du Seigneur, exalté soit-Il : la seigneurie, la souveraineté et la divinité. Il est le Seigneur de toute chose, son Souverain et son Dieu. Toutes les choses sont Sa création et Lui appartiennent ; elles sont Ses serviteurs. Il a donc ordonné à celui qui cherche protection de demander refuge auprès de Celui qui possède ces attributs contre le mal de celui qui insuffle des suggestions et se retire.

Il s’agit de Satan, assigné à l’homme : il n’est personne parmi les fils d’Adam qui n’ait un compagnon qui lui embellit les actes immoraux et ne néglige aucun effort pour le corrompre. Seul est préservé celui qu’Allah préserve.

Il est authentiquement rapporté : « Il n’est aucun d’entre vous qui n’ait un compagnon assigné à lui. » Ils dirent : « Et toi aussi, Messager d’Allah ? » Il répondit : « Oui, mais Allah m’a aidé à le dominer : il s’est soumis, et il ne m’ordonne que le bien. » Il est également authentiquement rapporté, d’après Anas, que Ṣafiyya rendit visite au Prophète ﷺ alors qu’il était en retraite spirituelle.

Il sortit avec elle, de nuit, pour la raccompagner chez elle. Deux hommes des Anṣār le croisèrent et accélérèrent le pas en le voyant. Le Messager d’Allah ﷺ leur dit : « Ralentissez : c’est Ṣafiyya bint Ḥuyayy. » Ils dirent : « Gloire à Allah, Messager d’Allah !

» Il répondit : « Satan circule dans le fils d’Adam comme le sang dans ses veines, et j’ai craint qu’il ne jette quelque chose — ou un mal — dans vos cœurs. »

Al-Ḥāfiẓ Abū Yaʿlā al-Mawṣilī rapporte : Muḥammad ibn Baḥr nous a rapporté, ʿAdī ibn Abī ʿUmāra nous a rapporté, Ziyād an-Numayrī nous a rapporté, d’après Anas ibn Mālik, qui dit que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Satan pose son museau sur le cœur du fils d’Adam. Quand celui-ci se souvient d’Allah, Satan se retire ; quand il oublie, il engloutit son cœur. C’est cela, celui qui insuffle des suggestions et se retire. » Ce récit est singulier.

L’imam Aḥmad rapporte : Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, Shuʿba nous a rapporté, d’après ʿĀṣim, qui dit : « J’ai entendu Abū Tamīma rapporter, d’après un homme qui était en croupe derrière le Messager d’Allah ﷺ : l’âne du Prophète ﷺ trébucha. Je dis : “Que Satan soit abattu !” Le Prophète ﷺ dit : “Ne dis pas : ‘Que Satan soit abattu !’ Car si tu le dis, il se grandit et dit : ‘C’est par ma force que je l’ai renversé.’

Mais si tu dis : ‘Au nom d’Allah’, il rapetisse jusqu’à devenir comme une mouche.” » Aḥmad est seul à le rapporter. Sa chaîne est bonne et solide. Ce récit indique que lorsque le cœur se souvient d’Allah, Satan rapetisse et est vaincu ; lorsqu’il ne se souvient pas d’Allah, Satan se grandit et l’emporte.

L’imam Aḥmad rapporte également : Abū Bakr al-Ḥanafī nous a rapporté, aḍ-Ḍaḥḥāk ibn ʿUthmān nous a rapporté, d’après Saʿīd al-Maqburī, d’après Abū Hurayra, qui dit que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsque l’un de vous se trouve dans la mosquée, Satan vient à lui et le pousse à la confusion, comme un homme pousse sa monture. S’il lui cède, il le ligote — ou le bride. » Abū Hurayra dit : « Vous voyez bien cela : celui qui est ligoté penche de côté et ne se souvient pas d’Allah ; celui qui est bridé a la bouche ouverte et ne se souvient pas d’Allah, exalté soit-Il. » Aḥmad est seul à le rapporter.

Cette mention concerne-t-elle spécifiquement les fils d’Adam, comme le laisse entendre le sens apparent, ou englobe-t-elle les fils d’Adam et les djinns ? Il existe deux opinions. Selon la seconde, les djinns sont inclus dans le terme « hommes » par extension. Ibn Jarīr dit que, puisque des djinns sont appelés « hommes », il n’y a rien d’étonnant à employer ce terme à leur sujet.

Puis Allah les précise en disant : « parmi les djinns et les hommes ». Cela renforce la seconde opinion. On a aussi dit que « parmi les djinns et les hommes » explique qui insuffle des suggestions dans le cœur des hommes : les démons parmi les djinns et les hommes. Allah dit de même : « Ainsi avons-Nous assigné à chaque prophète un ennemi : des démons parmi les hommes et les djinns, qui se soufflent mutuellement des paroles trompeuses et séduisantes » (Coran 6:112).

L’imam Aḥmad rapporte : Wakīʿ nous a rapporté, al-Masʿūdī nous a rapporté, d’après Abū ʿUmar ad-Dimashqī, d’après ʿUbayd ibn al-Khashkhāsh, d’après Abū Dharr, qui dit : « Je vins trouver le Messager d’Allah ﷺ alors qu’il se trouvait dans la mosquée et je m’assis. Il me dit : “Abū Dharr, as-tu prié ?” Je répondis : “Non.” Il dit : “Lève-toi et prie.”

Je me levai et priai, puis je m’assis. Il dit : “Abū Dharr, cherche refuge auprès d’Allah contre le mal des démons parmi les hommes et les djinns.” Je demandai : “Messager d’Allah, y a-t-il donc des démons parmi les hommes ?” Il répondit : “Oui.”

» Abū Dharr demanda ensuite au sujet de la prière, du jeûne, de l’aumône, des prophètes et des messagers. Le Messager d’Allah ﷺ lui répondit notamment : « La prière est le meilleur bien offert : que celui qui le veut en accomplisse peu, et que celui qui le veut en accomplisse davantage. » Il dit du jeûne : « C’est une obligation qui suffit, et Allah réserve encore davantage. » Il dit de l’aumône : « Elle est multipliée de nombreuses fois.

» Interrogé sur les prophètes, il répondit qu’Adam était prophète et qu’il avait reçu la parole divine. Quant au nombre des messagers, il répondit : « Trois cent et quelques dizaines, une foule nombreuse » ; il dit une fois : « Quinze. » Puis, interrogé sur le plus grand verset révélé, il répondit : « Le Verset du Trône : “Allah, il n’est de divinité que Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même” » (Coran 2:255). An-Nasāʾī rapporte ce récit d’après Abū ʿUmar ad-Dimashqī.

Abū Ḥātim ibn Ḥibbān rapporte dans son Ṣaḥīḥ une version très longue, par une autre chaîne et sous une autre forme. Allah sait mieux.

Aḥmad rapporte : Wakīʿ nous a rapporté, d’après Sufyān, d’après Manṣūr, d’après Dharr ibn ʿAbd Allāh al-Hamdānī, d’après ʿAbd Allāh ibn Shaddād, d’après Ibn ʿAbbās, qui dit : « Un homme vint trouver le Prophète ﷺ et dit : “Messager d’Allah, des pensées me viennent à l’esprit ; mieux vaudrait pour moi tomber du ciel que de les prononcer.” Le Prophète ﷺ dit : “Allah est le plus grand ! Allah est le plus grand ! Louange à Allah qui a réduit sa ruse à de simples suggestions.”

» Abū Dāwūd et an-Nasāʾī le rapportent d’après Manṣūr ; an-Nasāʾī ajoute al-Aʿmash, et tous deux le rapportent d’après Dharr.

Fin de l’exégèse. Louange et gratitude à Allah. Louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu’Allah prie sur notre maître Muḥammad, sa famille et ses Compagnons, et agrée l’ensemble des Compagnons. Allah nous suffit ; quel excellent Garant ! L’ouvrage fut achevé le dixième jour de Jumādā al-Ūlā de l’an 1285. Louange à Lui seul.

Tafsir d’al-Baghawi

« Et contre le mal de la nuit lorsqu’elle s’étend » : Abū al-Ḥasan as-Sarakhsī nous a informés, Zāhir ibn Aḥmad nous a informés, Jaʿfar ibn Muḥammad al-Mughlis nous a rapporté, Hārūn ibn Isḥāq al-Hamdānī nous a rapporté, Wakīʿ nous a rapporté, d’après Ibn Abī Dhiʾb, d’après son oncle al-Ḥārith ibn ʿAbd ar-Raḥmān, d’après Abū Salama, d’après ʿĀʾisha, qui dit : « Le Prophète ﷺ me prit la main et regarda la lune. Il dit : “ʿĀʾisha, cherche refuge auprès d’Allah contre le mal de la nuit lorsqu’elle s’étend. Voici la nuit qui s’étend.” » Dans ce récit, cela désigne la lune lorsqu’elle s’éclipse et s’assombrit.

« Lorsqu’elle s’étend » signifie qu’elle entre dans l’éclipse, commence à disparaître et devient sombre.

Ibn ʿAbbās a dit : « La nuit qui s’étend désigne la nuit qui arrive de l’est avec ses ténèbres, pénètre en toute chose et l’assombrit. » Al-ghasaq signifie l’obscurité. On dit : « La nuit s’assombrit », lorsque ses ténèbres se répandent. C’est l’opinion d’al-Ḥasan et de Mujāhid : il s’agit de la nuit lorsqu’elle arrive et s’étend.

Al-wuqūb signifie l’entrée ; il s’agit de l’arrivée de la nuit au coucher du soleil. Muqātil a dit : « Cela désigne l’obscurité de la nuit lorsque ses ténèbres pénètrent dans la lumière du jour. » Selon une autre interprétation, la nuit est appelée ghāsiq parce qu’elle est plus froide que le jour ; al-ghasaq signifie alors le froid. Ibn Zayd a dit : « Cela désigne les Pléiades lorsqu’elles se couchent.

» On dit que les maladies se multiplient lorsqu’elles disparaissent et diminuent lorsqu’elles se lèvent.

« Et contre le mal des souffleuses sur les nœuds » : cela désigne les sorcières qui soufflent sur les nœuds de fil pendant qu’elles récitent leurs formules. Abū ʿUbayda a dit : « Ce sont les filles de Labīd ibn al-Aʿṣam, qui ensorcelèrent le Prophète ﷺ. »

« Et contre le mal de l’envieux lorsqu’il envie » : cela désigne les Juifs, car ils enviaient le Prophète ﷺ. Cette sourate fut révélée à Médine.

« Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube. » Ibn ʿAbbās et ʿĀʾisha, qu’Allah les agrée tous deux, ont dit : « Un jeune garçon juif était au service du Messager d’Allah ﷺ. Les Juifs s’adressèrent à lui et insistèrent jusqu’à ce qu’il leur prenne des cheveux de la tête du Prophète ﷺ et plusieurs dents de son peigne. Il les remit aux Juifs, qui l’ensorcelèrent au moyen de ces objets.

Labīd ibn al-Aʿṣam, un homme juif, se chargea de l’opération. Les deux sourates furent alors révélées à son sujet. »

Abū Ḥāmid Aḥmad ibn ʿAbd Allāh aṣ-Ṣāliḥī nous a informés, Abū Saʿīd Muḥammad ibn Mūsā aṣ-Ṣīrafī nous a informés, Abū al-ʿAbbās Muḥammad ibn Yaʿqūb al-Aṣamm nous a rapporté, Muḥammad ibn ʿAbd Allāh nous a rapporté, Anas ibn ʿIyāḍ nous a rapporté, d’après Hishām, d’après son père, d’après ʿĀʾisha, selon qui le Prophète ﷺ fut ensorcelé, au point de croire qu’il avait accompli une chose alors qu’il ne l’avait pas accomplie. Il invoqua son Seigneur, puis dit : « Sais-tu qu’Allah m’a donné la réponse à ce que je Lui avais demandé ? » ʿĀʾisha demanda : « Qu’est-ce donc, Messager d’Allah ?

» Il répondit : « Deux hommes vinrent à moi et s’assirent, l’un près de ma tête et l’autre près de mes pieds. L’un demanda à son compagnon : “De quoi souffre cet homme ?” L’autre répondit : “Il a été ensorcelé.” “Qui l’a ensorcelé ?”

“Labīd ibn al-Aʿṣam.” “Au moyen de quoi ?” “D’un peigne, de cheveux et de l’enveloppe d’une spathe de palmier mâle.” “Où cela se trouve-t-il ?” “À Dharwān” — Dharwān est un puits appartenant aux Banū Zurayq. » ʿĀʾisha dit : « Le Messager d’Allah ﷺ s’y rendit, puis revint auprès de ʿĀʾisha et dit : “Par Allah, son eau semblait être une infusion de henné et ses palmiers ressemblaient à des têtes de démons.”

» Elle dit : « Je lui demandai : “Messager d’Allah, pourquoi ne l’as-tu pas fait sortir ?” Il répondit : “Allah m’a guéri et je n’ai pas voulu provoquer, par cette affaire, le mal parmi les gens.” » Il est rapporté que l’objet se trouvait sous une pierre dans le puits. On souleva la pierre et l’on sortit l’enveloppe de la spathe ; elle contenait des cheveux du Prophète ﷺ et des dents de son peigne.

Al-Muṭahhar ibn ʿAlī al-Fārisī nous a informés, Muḥammad ibn Ibrāhīm aṣ-Ṣāliḥānī nous a informés, ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Jaʿfar, Abū ash-Shaykh al-Ḥāfiẓ, nous a rapporté, Ibn Abī ʿĀṣim nous a rapporté, Abū Bakr ibn Abī Shayba nous a rapporté, Abū Muʿāwiya nous a rapporté, d’après al-Aʿmash, d’après Yazīd ibn Ḥayyān, d’après Zayd ibn Arqam, qui dit : « Un homme juif ensorcela le Prophète ﷺ, qui en souffrit plusieurs jours. Jibrīl vint alors à lui et dit : “Un homme juif t’a ensorcelé et a noué pour toi des nœuds. Le Messager d’Allah ﷺ envoya ʿAlī les extraire.

Il les rapporta ; chaque fois qu’un nœud était défait, le Prophète ressentait un soulagement. Il se leva comme s’il venait d’être libéré de ses entraves. Il ne parla jamais de cette affaire aux Juifs et ils ne virent jamais de reproche sur son visage.” »

Muqātil et al-Kalbī ont dit : « Il s’agissait d’une corde sur laquelle onze nœuds avaient été faits. » Selon une autre version, les nœuds étaient fixés avec des aiguilles. Allah révéla alors ces deux sourates, qui comptent onze versets : la sourate al-Falaq en compte cinq et la sourate an-Nās six. Chaque fois qu’un verset était récité, un nœud se défaisait, jusqu’à ce que tous les nœuds soient déliés.

Le Prophète ﷺ se leva alors comme s’il venait d’être libéré de ses entraves. Il est rapporté que le sortilège le retint six mois et que son état s’aggrava pendant trois nuits, puis les deux sourates protectrices furent révélées.

Ismāʿīl ibn ʿAbd al-Qāhir nous a informés, ʿAbd al-Ghāfir ibn Muḥammad nous a informés, Muḥammad ibn ʿĪsā al-Julūdī nous a rapporté, Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Sufyān nous a rapporté, Muslim ibn al-Ḥajjāj nous a rapporté, Bishr ibn Hilāl aṣ-Ṣawwāf nous a rapporté, ʿAbd al-ʿAzīz ibn Ṣuhayb nous a rapporté, d’après Abū Naḍra, d’après Abū Saʿīd, qui dit : Jibrīl, sur lui la paix, vint trouver le Prophète ﷺ et lui dit : « Muḥammad, souffres-tu ? » Il répondit : « Oui.

» Jibrīl dit : « Au nom d’Allah, je pratique sur toi l’exorcisme contre tout ce qui te fait souffrir, contre le mal de toute âme et de tout envieux portant le mauvais œil. Qu’Allah te guérisse. Au nom d’Allah, je pratique sur toi l’exorcisme, et Allah te guérira. »

La parole d’Allah, exalté soit-Il : « Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube » : par al-falaq, Il désigne l’aube. C’est l’opinion de Jābir ibn ʿAbd Allāh, d’al-Ḥasan, de Saʿīd ibn Jubayr, de Mujāhid, de Qatāda et de la plupart des exégètes. C’est aussi l’interprétation rapportée d’al-ʿAwfī d’après Ibn ʿAbbās, comme le confirme la parole d’Allah : « Celui qui fait apparaître l’aube » (Coran 6:96). Il est rapporté d’Ibn ʿAbbās qu’al-falaq est une prison en Enfer.

Al-Kalbī a dit : « C’est une vallée en Enfer. » Aḍ-Ḍaḥḥāk a dit : « Cela désigne la création », selon la version rapportée d’al-Wālibī d’après Ibn ʿAbbās. La première interprétation est la plus connue. « Contre le mal de ce qu’Il a créé. » Cette sourate fut révélée à Médine. « Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes. »

« Celui qui insuffle des suggestions dans le cœur des hommes » : il s’agit de paroles secrètes dont le sens parvient au cœur sans être entendu. « Le Souverain des hommes. » « Le Dieu des hommes. »

« Contre le mal de celui qui insuffle des suggestions et se retire » : cela désigne Satan ; le terme peut être un nom d’action ou un nom propre. Az-Zajjāj a dit : « Cela désigne Satan, celui qui insuffle des suggestions. » Al-khannās signifie celui qui revient et se retire : Satan demeure accroupi sur le cœur de l’homme ; quand celui-ci se souvient d’Allah, Satan se retire, et quand il est inattentif, il insuffle ses suggestions. Qatāda a dit : « Celui qui se retire a un museau semblable à celui d’un chien, dans la poitrine de l’homme.

Lorsque le serviteur se souvient de son Seigneur, il se retire. » On dit aussi que sa tête ressemble à celle d’un serpent ; il pose sa tête sur le fruit du cœur, promet et murmure. Quand l’homme se souvient d’Allah, il se retire ; quand il ne se souvient pas de Lui, il revient et y pose sa tête.

« Parmi les djinns et les hommes » : Satan s’introduit aussi bien chez le djinn que chez l’homme et leur insuffle des suggestions à tous deux, comme l’a dit al-Kalbī. Dans « le cœur des hommes », le terme « hommes » désigne ceux qui sont mentionnés ensuite, à savoir les djinns et les hommes. Les djinns sont ainsi appelés « hommes », comme ils sont appelés « hommes » dans la parole d’Allah : « Il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient refuge auprès d’hommes parmi les djinns » (Coran 72:6). Il a été rapporté qu’un Arabe disait, en racontant : « Des gens parmi les djinns arrivèrent et tombèrent.

» On lui demanda : « Qui êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes des gens parmi les djinns. » Tel est le sens de l’explication d’al-Farrāʾ. Certains ont dit que la suggestion adressée à l’homme par un autre homme est comparable à celle que Satan lui souffle.

Le terme « celui qui insuffle des suggestions » désigne donc l’action des djinns et des hommes, comme dans la parole d’Allah : « Ainsi avons-Nous assigné à chaque prophète un ennemi : des démons parmi les hommes et les djinns » (Coran 6:112). Il lui est ainsi ordonné de chercher protection contre le mal des djinns et des hommes.

Ismāʿīl ibn Muḥammad nous a informés, Muḥammad ibn ʿĪsā nous a rapporté, Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Sufyān nous a rapporté, Muslim ibn al-Ḥajjāj nous a rapporté, Qutayba ibn Saʿīd nous a rapporté, Jarīr nous a rapporté, d’après Bayān, d’après Qays ibn Abī Ḥāzim, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir, qui dit que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Ne vois-tu pas ces versets qui ont été révélés cette nuit, dont aucun semblable n’avait jamais été révélé : “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes” ? »

Abū Saʿīd Muḥammad ibn Ibrāhīm ash-Shurayḥī nous a informés, Abū Isḥāq Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ibrāhīm ath-Thaʿlabī nous a informés, Abū al-Ḥasan ʿAbd ar-Raḥmān ibn Ibrāhīm al-ʿAdl nous a rapporté, Abū al-ʿAbbās Muḥammad ibn Yaʿqūb nous a rapporté, Abū al-ʿAbbās ibn al-Walīd ibn Mirthad nous a rapporté, son père m’a rapporté, al-Awzāʿī nous a rapporté, Yaḥyā ibn Abī Kathīr m’a rapporté, Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith at-Taymī m’a rapporté, d’après ʿUqba ibn ʿĀmir al-Juhanī, selon qui le Messager d’Allah ﷺ lui dit : « Ne veux-tu pas que je t’informe de ce qu’utilisent de meilleur ceux qui cherchent protection ?

» Je répondis : « Si. » Il dit : « “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes.” »

Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn ʿAbd aṣ-Ṣamad al-Jawzajānī nous a informés, Abū al-Qāsim ʿAlī ibn Aḥmad al-Khuzāʿī nous a informés, Abū Saʿīd al-Haytham ibn Kulayb ash-Shāshī nous a rapporté, Abū ʿĪsā at-Tirmidhī nous a rapporté, Qutayba nous a rapporté, al-Mufaḍḍal ibn Faḍāla nous a rapporté, d’après ʿUqayl, d’après az-Zuhrī, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀʾisha, qui dit : « Chaque nuit, lorsque le Messager d’Allah ﷺ se mettait au lit, il joignait ses paumes, soufflait dedans, récitait “Dis : Il est Allah, l’Unique”, “Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube” et “Dis :

Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes”, puis se frottait avec ses mains autant de parties de son corps qu’il pouvait atteindre, en commençant par sa tête, son visage et l’avant de son corps. Il faisait cela trois fois. »

Abū al-Ḥasan as-Sarakhsī nous a informés, Zāhir ibn Aḥmad nous a informés, Abū Isḥāq al-Hāshimī nous a informés, Abū Muṣʿab nous a rapporté, d’après Mālik, d’après Ibn Shihāb, d’après ʿUrwa ibn az-Zubayr, d’après ʿĀʾisha, qu’Allah l’agrée, qui dit : « Lorsque le Prophète ﷺ était malade, il récitait les sourates protectrices sur lui-même et soufflait. Quand sa maladie s’aggrava, je les récitais sur lui et passais sa main sur son corps, espérant obtenir leur bénédiction. »

L’imam Abū ʿAlī al-Ḥusayn ibn Muḥammad al-Qāḍī et Abū Ḥāmid Aḥmad ibn ʿAbd Allāh aṣ-Ṣāliḥī nous ont informés, tous deux nous ont rapporté, Abū Bakr Aḥmad ibn al-Ḥusayn al-Ḥayrī nous a informés, Muḥammad ibn Aḥmad ibn Maʿqil al-Maydānī nous a informés, Muḥammad ibn Yaḥyā nous a rapporté, ʿAbd ar-Razzāq nous a rapporté, Maʿmar nous a rapporté, d’après az-Zuhrī, d’après Sālim, d’après Ibn ʿUmar, selon qui le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il n’y a d’envie que dans deux cas : un homme à qui Allah a accordé le Coran et qui le récite et le met en pratique pendant les heures de la nuit et du jour, et un homme à qui Allah a accordé des biens et qui en dépense pendant les heures de la nuit et du jour. »

ʿAbd al-Wāḥid al-Malīḥī nous a informés, Aḥmad ibn ʿAbd Allāh an-Nuʿaymī nous a informés, Muḥammad ibn Yūsuf nous a rapporté, Muḥammad ibn Ismāʿīl nous a rapporté, Ibrāhīm ibn Ḥamza nous a rapporté, Ibn Abī Ḥāzim m’a rapporté, d’après Yazīd — c’est-à-dire Ibn al-Hād — d’après Muḥammad ibn Ibrāhīm, d’après Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān, d’après Abū Hurayra, qui entendit le Prophète ﷺ dire : « Allah n’écoute rien avec autant d’attention que la récitation mélodieuse du Coran par un prophète à la belle voix, lorsqu’il le récite à haute voix. » Fin.

Hadith confirmant

Dans le « Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī » (n° 5017), ʿĀʾisha rapporte que le Prophète Muḥammad ﷺ, chaque soir avant de se coucher, soufflait dans ses paumes, récitait les sourates « al-Ikhlāṣ », « al-Falaq » et « an-Nās », puis se frottait tout le corps avec elles.

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