La table descendue du ciel
اللَّهُمَّ. رَبَّنَا أَنْزِلْ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِنَ السَّمَاءِ تَكُونُ لَنَا عِيدًا لِأَوَّلِنَا، وَآخِرِنَا، وَآيَةً مِنْكَ، وَارْزُقْنَا، وَأَنْتَ خَيْرُ الرَّازِقِينَ.
اللَّهُمَّ رَبَّنَا أَنْزِلْ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِنَ السَّمَاءِ تَكُونُ لَنَا عِيدًا لِأَوَّلِنَا وَآخِرِنَا وَآيَةً مِنْكَ وَارْزُقْنَا وَأَنْتَ خَيْرُ الرَّازِقِينَ
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« Ô Allah ! Seigneur ! Fais descendre sur nous du ciel un repas qui sera une fête pour nous et pour ceux qui viendront après nous[49] et un signe venant de Toi. Veuille nous pourvoir de Tes faveurs, Toi le plus généreux des pourvoyeurs. »
L’association des appellations « Allāhumma Rabbanā » (Ô Allah, notre Seigneur) et des verbes « anzil » (fais descendre) et « urzuqnā » (accorde-nous notre subsistance) exprime le plus haut degré de bienséance prophétique dans la prière de Jésus, lorsqu’il demande un signe et la subsistance.
Tafsir du cheikh Abdurrahman as-Sa‘di
Lorsque Jésus, que la paix soit sur lui, entendit cela et comprit leur intention, il répondit à leur demande en disant : « Ô Allah, notre Seigneur, fais descendre sur nous une table du ciel, qui sera une fête pour nous, pour les premiers d’entre nous et pour les derniers, et un signe venant de Toi. » Autrement dit, le jour de sa descente serait une fête et une occasion commémorative, afin que ce signe immense soit rappelé, préservé et ne soit pas oublié au fil du temps et du retour des années.
De même, Allah a fait des fêtes et des rites des musulmans un rappel de Ses signes et un moyen d’évoquer les voies des messagers et leurs chemins droits, ainsi que Sa faveur et Sa bienveillance envers eux. « Et accorde-nous notre subsistance, car Tu es le meilleur des pourvoyeurs » : fais-en pour nous une subsistance. Jésus, que la paix soit sur lui, demanda donc qu’elle descende et qu’elle serve ces deux intérêts : celui de la religion, en étant un signe durable, et celui de la vie d’ici-bas, en étant une subsistance.
Tafsir de l’imam Ibn Kathir
« Jésus, fils de Marie, dit : “Ô Allah, notre Seigneur, fais descendre sur nous une table du ciel, qui sera une fête pour nous, pour les premiers d’entre nous et pour les derniers.” » As-Suddī a dit : « Nous ferons du jour où elle sera descendue une fête que nous célébrerons, nous et ceux qui viendront après nous. » Sufyān ath-Thawrī a dit : « C’est-à-dire un jour où nous prierons. » Qatāda a dit : « Ils voulaient qu’elle soit destinée à leurs descendants après eux.
» D’après Salmān al-Fārisī : « Un rappel pour nous et pour ceux qui viendront après nous. » Il a aussi été dit : « Suffisante pour les premiers d’entre nous et pour les derniers. » « Et un signe venant de Toi » : c’est-à-dire une preuve que Tu établis de Ta capacité à toute chose et de l’exaucement de ma prière, afin qu’ils me croient dans ce que je leur transmets de Ta part. « Et accorde-nous notre subsistance » : une subsistance agréable venant de Toi, sans peine ni fatigue. « Et Tu es le meilleur des pourvoyeurs. »
Tafsir d’al-Baghawi
« Jésus, fils de Marie, dit » : à ce moment-là. « Ô Allah, notre Seigneur, fais descendre sur nous une table du ciel. » Il a été dit qu’il se purifia, revêtit un vêtement de laine, pria deux unités de prière, baissa la tête et le regard, puis pleura et dit : « Ô Allah, notre Seigneur, fais descendre sur nous une table du ciel. » « Qui sera une fête pour nous, pour les premiers d’entre nous et pour les derniers » : c’est-à-dire un bienfait venant d’Allah pour nous, une preuve et un argument.
Le terme « fête » (ʿīd) désigne un jour de joie ; il est ainsi appelé parce qu’il marque le retour de la tristesse à la joie. Il désigne aussi ce dont on a l’habitude et qui revient à intervalles réguliers. Le jour de la rupture du jeûne et celui du sacrifice sont appelés fêtes parce qu’ils reviennent chaque année. As-Suddī a dit : « Cela signifie que nous ferons du jour où elle sera descendue une fête pour les premiers d’entre nous et pour les derniers : nous le célébrerons, nous et ceux qui viendront après nous.
» Sufyān a dit : « Nous y prierons. » « Pour les premiers d’entre nous » : c’est-à-dire les gens de notre époque. « Et pour les derniers » : c’est-à-dire ceux qui viendront après nous. Ibn ʿAbbās a dit : « Les derniers en mangeront comme les premiers en auront mangé.
» « Et un signe venant de Toi » : une preuve et un argument. « Et accorde-nous notre subsistance, car Tu es le meilleur des pourvoyeurs. »
Dans le « Sunan » d’at-Tirmidhī (n° 3061) est rapporté un récit décrivant la table descendue du ciel et l’épreuve liée au fait de la cacher aux autres.