Doua 08 La voie droite et la fermeté 13 min de lecture

Préserver les cœurs dans la foi

Les croyants fermement enracinés dans le savoir 3:8–9
Texte arabe

رَبَّنَا لَا تُزِغْ قُلُوبَنَا بَعْدَ إِذْ هَدَيْتَنَا، وَهَبْ لَنَا مِنْ لَدُنْكَ رَحْمَةً، إِنَّكَ أَنْتَ الْوَهَّابُ. رَبَّنَا، إِنَّكَ جَامِعُ النَّاسِ لِيَوْمٍ لَا رَيْبَ فِيهِ، إِنَّ اللَّهَ لَا يُخْلِفُ الْمِيعَادَ.

رَبَّنَا لَا تُزِغْ قُلُوبَنَا بَعْدَ إِذْ هَدَيْتَنَا وَهَبْ لَنَا مِنْ لَدُنْكَ رَحْمَةً إِنَّكَ أَنْتَ الْوَهَّابُ رَبَّنَا إِنَّكَ جَامِعُ النَّاسِ لِيَوْمٍ لَا رَيْبَ فِيهِ إِنَّ اللَّهَ لَا يُخْلِفُ الْمِيعَادَ

Le texte arabe est reproduit d’après le Coran avec ses signes diacritiques. آل عمران 3:8–9
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Voix
Translittération Rabbanā lā tuzigh qulūbanā baʿda idh hadaytanā wa hab lanā min ladunka raḥmatan innaka anta al-Wahhāb. Rabbanā innaka jāmiʿu an-nāsi li-yawmin lā rayba fīhi inna Allāha lā yukhlifu al-mīʿād.
Traduction du sens
Rachid MaachFR

Ils disent : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs de la foi après nous avoir guidés, mais accorde-nous, par un effet de Ta miséricorde, de Tes faveurs en nous maintenant fermement attachés à la foi. C’est Toi le Grand Donateur ! Seigneur ! Tu rassembleras les hommes en un jour dont l’avènement ne fait absolument aucun doute. Allah ne manque jamais à Ses promesses. »

Sens et particularités

Formes : la construction prohibitive « lā tuzigh » (لا تُزِغْ — ne détourne pas) et la requête « hab lanā » (هَبْ لَنَا — accorde-nous). C’est une invocation des savants fermement enracinés dans le savoir (الرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ), qui demandent la préservation de la foi et la protection contre les doutes et les hérésies.

Exégèse et enseignements

Tafsir du cheikh Abdurrahman as-Sa‘di

« Seigneur ! Tu rassembleras les hommes en un jour dont il n’y a aucun doute ; Allah ne manque pas à Sa promesse » : Il les rétribuera selon leurs œuvres, bonnes ou mauvaises.

Allah — exalté soit-Il — a loué ceux qui sont fermement enracinés dans le savoir en leur attribuant sept qualités, qui sont les signes du bonheur du serviteur. Premièrement, le savoir, qui est la voie menant à Allah et qui éclaire Ses prescriptions et Ses lois. Deuxièmement, être fermement enraciné dans le savoir, ce qui dépasse le simple fait de savoir : celui qui est fermement enraciné est un savant accompli et un connaisseur perspicace. Allah lui a enseigné les aspects apparents et cachés du savoir, et il s’est établi dans les secrets de la Loi révélée par son savoir, son état spirituel et ses actes.

Troisièmement, ils sont décrits comme croyant à l’ensemble de Son Livre et rapportant ses passages équivoques à ses passages sans équivoque, selon ces paroles : « Ils disent : “Nous y croyons : tout vient de notre Seigneur.” » Quatrièmement, ils demandent à Allah le pardon et la préservation des épreuves qui ont frappé ceux dont les cœurs se sont détournés et qui ont dévié. Cinquièmement, ils reconnaissent le bienfait qu’Allah leur a accordé en les guidant, comme l’indiquent leurs paroles : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés.

» Sixièmement, ils Lui demandent en outre Sa miséricorde, qui comprend l’obtention de tout bien et l’éloignement de tout mal, et ils invoquent Allah par Son nom « le Grand Donateur ». Septièmement, il rapporte qu’ils croient et ont la certitude au sujet du Jour de la Résurrection, et qu’ils le craignent ; cette certitude les pousse à agir et les empêche de trébucher.

Ensuite, Allah — exalté soit-Il — rapporte que ceux qui sont fermement enracinés dans le savoir invoquent leur Seigneur et disent : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés. » Autrement dit : ne les incline pas loin de la vérité par ignorance ou par entêtement ; fais plutôt de nous des êtres droits, qui guident et sont guidés. Affermis-nous donc dans Ta guidance et préserve-nous de l’épreuve qui a frappé ceux dont les cœurs se sont détournés.

« Et accorde-nous, de Ta part, une miséricorde » : une immense miséricorde par laquelle Tu nous aides à accomplir les bonnes œuvres et nous préserves des actes répréhensibles. « Tu es certes le Grand Donateur » : Celui dont les dons et les bienfaits sont abondants, et dont la bienfaisance s’étend à toutes les créatures.

Tafsir de l’imam Ibn Kathir

Puis Allah rapporte qu’ils invoquèrent leur Seigneur en disant : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés. » Autrement dit : ne les incline pas loin de la guidance après les y avoir établis, et ne fais pas de nous des gens dont les cœurs sont déviants, qui suivent ce qui est équivoque dans le Coran ; mais maintiens-nous sur Ton droit chemin et dans Ta religion juste.

« Et accorde-nous, de Ta part » — c’est-à-dire : de Ta part — « une miséricorde » qui affermisse nos cœurs, réunisse nos rangs et accroisse notre foi et notre certitude. « Tu es certes le Grand Donateur. »

Ibn Abī Ḥātim a rapporté : ʿAmr ibn ʿAbd Allāh al-Awdī nous a rapporté — et Ibn Jarīr a dit : Abū Kurayb nous a rapporté — tous deux disant : Wakīʿ nous a rapporté, d’après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahrām, d’après Shahr ibn Ḥawshab, d’après Umm Salama — qu’Allah l’agrée — que le Prophète ﷺ disait : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion. » Puis il récita : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés, et accorde-nous, de Ta part, une miséricorde. Tu es certes le Grand Donateur. »

Ibn Mardawayh l’a rapporté par la voie de Muḥammad ibn Bakkār, d’après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahrām, d’après Shahr ibn Ḥawshab, d’après Umm Salama, qui était Asmāʾ bint Yazīd ibn al-Sakan. Elle l’avait entendu raconter que le Messager d’Allah ﷺ répétait souvent dans ses invocations : « Allah, Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion. » Elle dit : « Je demandai : “Ô Messager d’Allah, le cœur peut-il donc changer ainsi ?” Il répondit : “Oui.

Allah n’a créé aucun être humain parmi les fils d’Adam sans que son cœur ne soit entre deux doigts parmi les doigts d’Allah — Puissant et Majestueux. S’Il veut le maintenir droit, Il le maintient ; et s’Il veut le faire dévier, Il le fait dévier.” » Nous demandons donc à Allah, notre Seigneur, de ne pas détourner nos cœurs après nous avoir guidés, et de nous accorder, de Sa part, une miséricorde ; Il est certes le Grand Donateur.

Ibn Jarīr a également rapporté ce récit par la voie d’Asad ibn Mūsā, d’après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahrām, avec une version semblable. Il l’a aussi rapporté d’al-Muthannā, d’après al-Ḥajjāj ibn Minhāl, d’après ʿAbd al-Ḥamīd ibn Bahrām, dans une version semblable, avec cet ajout : « Je demandai : “Ô Messager d’Allah, ne m’enseigneras-tu pas une invocation que je puisse dire pour moi-même ?” Il répondit : “Bien sûr. Dis : Allah, Seigneur du Prophète Muḥammad, pardonne-moi mon péché, dissipe la colère de mon cœur et protège-moi des tentations qui égarent.” »

Puis Ibn Mardawayh a dit : Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, Muḥammad ibn Hārūn ibn Bakkār al-Dimashqī nous a rapporté, al-ʿAbbās ibn al-Walīd al-Khallāl nous a rapporté, Yazīd ibn Yaḥyā ibn ʿUbayd Allāh nous a rapporté, Saʿīd ibn Bashīr nous a rapporté, d’après Qatāda, d’après Abū Ḥassān al-Aʿraj, d’après ʿĀʾisha — qu’Allah l’agrée — qui dit : « Le Messager d’Allah ﷺ invoquait souvent en disant : “Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion.” Je lui dis : “Ô Messager d’Allah, tu répètes souvent cette invocation.”

Il répondit : “Il n’y a pas un seul cœur qui ne soit entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux. S’Il veut le maintenir droit, Il le maintient ; et s’Il veut le faire dévier, Il le fait dévier. N’entends-tu pas ces paroles : ‘Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés, et accorde-nous, de Ta part, une miséricorde.

Tu es certes le Grand Donateur’ ?” » Ce récit est singulier par cette chaîne, mais son fondement est authentique dans les deux Ṣaḥīḥ ainsi que dans d’autres recueils, par de nombreuses chaînes, sans l’ajout de la mention de ce noble verset.

Abū Dāwūd, al-Nasāʾī et Ibn Mardawayh ont rapporté, d’après Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Muqriʾ — al-Nasāʾī et Ibn Ḥibbān ajoutent : ainsi que ʿAbd Allāh ibn Wahb — tous deux d’après Saʿīd ibn Abī Ayyūb, qui m’a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn al-Walīd al-Tujībī, d’après Saʿīd ibn al-Musayyib, d’après ʿĀʾisha — qu’Allah l’agrée — que lorsque le Messager d’Allah ﷺ se réveillait la nuit, il disait : « Il n’y a de divinité qu’Allah. Gloire à Toi ! Allah, je Te demande pardon pour mon péché et Te demande miséricorde.

Allah, augmente-moi en savoir, ne détourne pas mon cœur après m’avoir guidé et accorde-moi, de Ta part, une miséricorde. Tu es certes le Grand Donateur. » Telle est la formulation d’Ibn Mardawayh.

ʿAbd al-Razzāq a rapporté, d’après Mālik, d’après Abū ʿUbayd — affranchi de Sulaymān ibn ʿAbd al-Malik — d’après ʿUbāda ibn Nasī, qui lui avait rapporté avoir entendu Qays ibn al-Ḥārith dire : « Abū ʿAbd Allāh al-Ṣunābiḥī m’a rapporté qu’il avait prié la prière du maghrib derrière Abū Bakr al-Ṣiddīq. Dans les deux premières unités de prière, Abū Bakr récita la Fātiḥa et deux sourates courtes de la partie finale du Coran. À la troisième unité, il récita. Je m’approchai de lui, si près que mes vêtements touchaient presque les siens, et je l’entendis réciter la Fātiḥa et ce verset : “Seigneur !

Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés.” » Abū ʿUbayd dit : « ʿUbāda ibn Nasī m’a rapporté qu’il se trouvait auprès de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz durant son califat. ʿUmar demanda à Qays : “Comment m’as-tu rapporté ce que tu tiens d’Abū ʿAbd Allāh al-Ṣunābiḥī ?” Il lui rapporta de nouveau ce qu’il avait entendu d’Abū ʿAbd Allāh.

ʿUmar dit : “Depuis que nous l’avons entendu de lui, nous ne l’avons plus abandonné, alors qu’auparavant je faisais autrement.” Un homme lui demanda : “Que faisait le Commandeur des croyants auparavant ?” Il répondit : “Je récitais ‘Dis : Il est Allah, Unique’ [sourate al-Ikhlāṣ, 112:1].” »

Al-Walīd ibn Muslim a également rapporté cette tradition d’après Mālik et al-Awzāʿī, tous deux d’après Abū ʿUbayd, avec la même chaîne. Al-Walīd l’a aussi rapportée d’après Ibn Jābir, d’après Yaḥyā ibn Yaḥyā al-Ghassānī, d’après Maḥmūd ibn Labīd, d’après al-Ṣunābiḥī, qui dit : « J’ai prié le maghrib derrière Abū Bakr — qu’Allah l’agrée. Dans les deux premières unités, il récita la Fātiḥat al-Kitāb et une courte sourate, à voix haute. Lorsqu’il se leva pour la troisième unité et commença la récitation, je m’approchai de lui, si près que mes vêtements touchaient les siens, et il récita ce verset : “Seigneur !

Ne détourne pas nos cœurs après nous avoir guidés, et accorde-nous, de Ta part, une miséricorde. Tu es certes le Grand Donateur.” »

Quant aux paroles : « Seigneur ! Tu rassembleras les hommes en un jour dont il n’y a aucun doute ; Allah ne manque pas à Sa promesse », elles signifient qu’ils disent dans leur invocation : « Seigneur, Tu rassembleras Tes créatures au jour de leur retour ; Tu trancheras entre elles et statueras sur ce au sujet de quoi elles divergeaient ; Tu rétribueras chacun selon ses actes et selon le bien ou le mal qu’il aura accompli dans ce bas monde. »

Tafsir d’al-Baghawi

Allah dit : « Seigneur ! Tu rassembleras les hommes en un jour » : c’est-à-dire pour le jugement du Jour. Selon une autre interprétation, la particule « li- » signifie « dans », soit : « dans un jour ». « Dont il n’y a aucun doute » signifie : dont l’avènement ne fait aucun doute ; il s’agit du Jour de la Résurrection.

« Allah ne manque pas à Sa promesse » : « miʿād » est un nom formé sur le modèle de « mifʿāl », dérivé du mot « promesse ».

Allah dit : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs » : autrement dit, ceux qui sont fermement enracinés dans le savoir disent : « Seigneur ! Ne détourne pas nos cœurs », c’est-à-dire ne les incline pas loin de la vérité et de la guidance, comme Tu as détourné les cœurs de ceux qui ont une déviation dans leurs cœurs. « Après nous avoir guidés » : après nous avoir donné la réussite dans Ta religion et la foi aux passages sans équivoque et aux passages équivoques de Ton Livre.

« Et accorde-nous, de Ta part » signifie : donne-nous de Ta part « une miséricorde », c’est-à-dire la réussite et l’affermissement dans la foi et la guidance auxquelles nous nous tenons. Al-Ḍaḥḥāk a dit : cela signifie le pardon et la rémission. « Tu es certes le Grand Donateur. »

Abū al-Faraj al-Muẓaffar ibn Ismāʿīl al-Tamīmī nous a rapporté : Abū al-Qāsim Ḥamza ibn Yūsuf al-Sahmī nous a rapporté : Abū Aḥmad ibn ʿAdī al-Ḥāfiẓ nous a rapporté : Abū Bakr ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim al-Qurashī, connu sous le nom d’Ibn al-Rawwās al-Kabīr, à Damas, nous a rapporté : Abū Mis-har ʿAbd al-Aʿlā ibn Mis-har al-Ghassānī nous a rapporté : Ṣadaqa nous a rapporté : ʿAbd al-Raḥmān ibn Zayd ibn Jābir nous a rapporté : Bishr ibn ʿUbayd Allāh m’a rapporté : j’ai entendu Abū Idrīs al-Khawlānī dire : al-Nawwās ibn Samʿān al-Kilābī m’a rapporté que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il n’y a pas un seul cœur qui ne soit entre deux doigts parmi les doigts du Tout Miséricordieux.

S’Il veut le maintenir droit, Il le maintient ; et s’Il veut le faire dévier, Il le fait dévier. » Le Messager d’Allah ﷺ disait : « Allah, Toi qui retournes les cœurs, affermis nos cœurs dans Ta religion. La balance est dans la main du Tout Miséricordieux : Il élève des gens et en abaisse d’autres jusqu’au Jour de la Résurrection. »

Aḥmad ibn ʿAbd Allāh al-Ṣāliḥī nous a rapporté : Abū Bakr Aḥmad ibn al-Ḥasan al-Ḥayrī nous a rapporté : Ḥājib ibn Aḥmad al-Ṭūsī nous a rapporté : ʿAbd al-Raḥīm ibn Munīb nous a rapporté : Yazīd ibn Hārūn nous a rapporté : Saʿīd ibn Iyās al-Jurayrī nous a rapporté, d’après Ghunaym ibn Qays, d’après Abū Mūsā al-Ashʿarī — qu’Allah l’agrée — qui dit : le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le cœur ressemble à une plume dans une étendue désertique, que les vents retournent d’un côté puis de l’autre. »

Hadith confirmant

Dans le Sunan d’al-Tirmidhī (n° 3522), il est rapporté d’après Umm Salama que l’invocation que le Prophète ﷺ répétait le plus souvent dans sa maison était : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion ! »

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